enseignement

Les enfants me font rire. C'est certainement pour cette raison que je reste la, malgré la lourdeur administrative, les réformes imposées, mal préparées, pédagogiquement mal expliquées, ce qui est un comble, même lorsqu'elles ont un sens adapté aux évolutions de la société d'aujourd'hui.


Les enfants me font rire. Même s'il y a toujours des collègues pour me demander depuis quand je suis professeur de dessin, si je travaille dans l’enseignement privé parce que le concours est plus facile que dans le public, si je peux, justement, faire un dessin, vite fait, pour une porte ouverte, des vœux de début d'année - et comment çà se fait que je connais quelque chose à l'informatique puisque - justement- je suis professeur de dessin.

 

Les enfants me font rire, de la sixième à la terminale, lorsqu'ils sont spontanés, lorsque  leurs écrits ou leur paroles me poussent à réfléchir

" autrement", lorsqu'ils créent, se laissent aller au bonheur de l'inattendu, et me surprennent, m'apprennent.

 

Lorsque les enfants ne me feront plus rire, que j'oublierai qu'en fin d'après-midi il est normal que les petits sautent d'impatience sur leur chaise, lorsque j'oublierai aussi  que mes propres enfants n'aimaient pas la langue de bœuf à la cantine, qu'une enseignante  désemparée m'a  suppliée de faire apprendre la grammaire à un de mes fils ( oubliant qu'il est déjà bilingue, mieux qu'elle-même), lorsque j'oublierai que c'est grâce à une institutrice douce qu'un de mes fils a accepté l'école, parce qu'elle le laissait lire dans son coin,j'arrêterai ce métier.

 

Les grands me font rire lorsque je lis dans une copie " on voit à leurs vêtements de fortune qu'ils sont pauvres ".

Quand je reprend le collier, je pense à leurs regards surpris, rafraîchis, lorsque j'éclate de rire devant eux.

Donc j'y retourne. Malgré.